Rodolphe Lemee, Jean-François Humbert, Eric Abadie, Zouher Amzil, Elisa Berdalet, Ronel Biré, Marie-Yasmine Dechraoui Bottein, Luc de Haro, Nicolas Delcourt, Valérie Fessard, Jean-Philippe Jaeg, César Mattei, Anne Oppliger, Anne-Sophie Pavaux, Eva Ternon, Gilles Bornert, Jean-François Humbert, Anne Togola, Jean Baron, Jean-Luc Boudenne, Nicolas Cimetiere, Bruno Coulomb, Christophe Dagot, Sabine Denooz, Isabelle Dublineau, Frédéric Feder, Matthieu Fournier, Stéphane Garnaud-Corbel, Nathalie Garrec, Johnny Gaspéri, Julio Gonçalvès, Jean-Louis Gonzalez, Olivier Horner, Michel Joyeux, Jérôme Labanowski, Sophie Lardy-Fontan, Françoise Lucas, Christophe Mechouk, Laurent Moulin, Damien Mouly, Fabienne Petit, Catherine Quiblier, Pauline Rousseau-Gueutin, Marie-Pierre Sauvant-Rochat, Michèle Tremblay, Bruno Le Bizec, Marie-Louise Scippo, Claude Atgie, Pierre-Marie Badot, Marie-Yasmine Bottein, Rachida Chekri, Nicolas Delcourt, Christine Demeilliers, Virginie Desvignes, Erwan Engel, Gautier Eppe, Anne-Sophie Ficheux, Eric Houdeau, Jean-Philippe Jaeg, Emilie Lance, Olivier Laprevote, Michel Laurentie, Ludovic Le Hegarat, Jean-Charles Leblanc, Nicolas Loiseau, David Makowski, Francesca Mancini, Eric Marchioni, Jean-François Masfaraud, Mathilde Munier, Isabelle Oswald, Anne Platel, Yann Sivry, Paule Vasseur, Carole Catastini, Nathalie Arnich, Estelle Checlair-Westerberg, Eleonore Ney.
REPORT
Abstract
Au cours des dernières décennies, les dinoflagellés du genre Ostreopsis ont été identifiés dans les eaux marines de plusieurs pays européens tels que l’Albanie, la Croatie, Chypre, l'Espagne, la France, la Grèce, l'Italie, Monaco et le Portugal . Ces microalgues sont principalement benthiques et vivent de préférence sur des substrats biotiques, comme des macrophytes (macroalgues et phanérogames marines). Elles peuvent néanmoins se retrouver en suspension dans l’eau (elles sont alors planctoniques) ou même former des agrégats en surface, on les nomme alors fleurs d’eau. Ces microalgues peuvent causer des intoxications humaines lorsque les cellules ou les toxines qu’elles produisent sont présentes dans l’eau de mer, dans les embruns et aérosols ou dans certains produits de la mer. L’exposition peut se faire : • par voie respiratoire (inhalation et/ou contact avec les aérosols lors de promenade, de surveillance des plages, des activités de baignade et nautiques, etc.) ; • par contact cutané avec de l’eau de mer ou des macrophytes, support d’Ostreopsis (lors des activités de baignade et/ou nautiques) ; • par ingestion d’eau de mer lors de la baignade ou de pratiques d’activités nautiques ou encore en cas de consommation de produits de la mer contaminés par des toxines produites par Ostreopsis spp. Des manifestations cliniques telles que toux, rhinorrhée, irritations de la sphère ORL et des yeux, céphalées, fièvre, difficultés respiratoires, nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, myalgies, rougeurs ou démangeaisons sont alors observées chez les personnes exposées à Ostreopsis. En France, la présence d’Ostreopsis est identifiée de façon récurrente sur les côtes méditerranéennes depuis une quinzaine d’années. Plus récemment, 674 personnes ont développé des signes et des symptômes associés aux proliférations d’Ostreopsis sur la côte basque française durant l’été 2021. Le bilan épidémiologique de ces intoxications montre qu’il n’existe pas de différence clinique avec les effets observés lors des épisodes de prolifération d’Ostreopsis cf. ovata du pourtour méditerranéen. Les investigations menées par l’Ifremer ont mis en évidence sur la côte basque la présence de deux espèces de microalgues du genre Ostreopsis pendant les épisodes de proliférations de 2021 et 2022 : O. cf. siamensis et O. cf. ovata. Si la première, O. cf. siamensis, est présente sur cette côte depuis 2018, la seconde, O. cf. ovata, a été identifiée dans cette partie du golfe de Gascogne pour la première fois en 2021. Ostreopsis cf. ovata est connue pour produire des toxines dont la structure est proche de celle de la palytoxine (PLTX). Ces molécules pourraient être à l’origine des symptômes observés dans les populations humaines, d’autant plus que certaines d’entre elles ont été détectées dans les aérosols en Méditerranée.
Rodolphe Lemee, Jean-François Humbert, Eric Abadie, Zouher Amzil, Elisa Berdalet, Ronel Biré, Marie-Yasmine Dechraoui Bottein, Luc de Haro, Nicolas Delcourt, Valérie H Fessard, Jean-Philippe Jaeg, César Mattei, Anne Oppliger, Anne-Sophie Pavaux, Eva Ternon, Gilles Bornert, Jean-François Humbert, Anne Togola, Jean Baron, Jean-Luc Boudenne, Nicolas Cimetiere, Bruno Coulomb, Christophe Dagot, Sabine Denooz, Isabelle Dublineau, Frédéric Feder, Matthieu Fournier, Stéphane Garnaud-Corbel, Nathalie Garrec, Johnny Gasperi, Julio Gonçalvès, Jean-Louis Gonzalez, Olivier Horner, Michel Joyeux, Jérôme Labanowski, Sophie Lardy-Fontan, Françoise Lucas, Christophe Mechouk, Laurent Moulin, Damien Mouly, Fabienne Petit, Catherine Quiblier, Pauline Rousseau-Gueutin, Marie-Pierre Sauvant-Rochat, Michèle Tremblay, Bruno Le Bizec, Marie-Louise Scippo, Claude Atgie, Pierre-Marie Badot, Marie-Yasmine Bottein, Rachida Chekri, Christine Demeilliers, Nicolas Delcourt, Virginie Desvignes, Erwan Engel, Gautier Eppe, Anne-Sophie Ficheux, Eric Houdeau, Emilie Lance, Olivier Laprevote, Michel Laurentie, Ludovic Le Hegarat, Jean-Charles Leblanc, Nicolas Loiseau, David Makowski, Francesca Mancini, Eric Marchioni, Jean-François Masfaraud, Mathilde Munier, Isabelle Oswald, Anne Platel, Yann Sivry, Paule Vasseur, Carole Catastini, Nathalie Arnich, Estelle Checlair-Westerberg, Eleonore Ney.
REPORT
Abstract
Au cours des dernières décennies, plusieurs espèces de dinoflagellés du genre Ostreopsis ont été identifiées dans les eaux marines de pays européens tels que l’Albanie, la Croatie, Chypre, l'Espagne, la France, la Grèce, l'Italie, Monaco et le Portugal. Ces microalgues peuvent causer des intoxications humaines lorsque les cellules ou les toxines qu’elles produisent sont présentes dans l’eau de mer, les aérosols ou dans certains produits de la mer. La voie principale d’exposition de l’Homme est l’inhalation d’aérosols sans que l’on sache actuellement si les agents à l’origine des intoxications sont les cellules d’Ostreopsis, les débris cellulaires, des toxines connues produites par Ostreopsis ou d’autres composés non encore identifiés. D’autres voies d’exposition (contact cutané, contact oculaire, ingestion d’eau ou de produits de la mer contaminés) sont possibles. Les intoxications se manifestent par divers signes et symptômes (survenant moins de 48h après l’exposition) : - neurosensoriels et neurologiques : paresthésies (sensation de fourmillements), dysesthésies (sensation de brûlure) et céphalées ; - respiratoires, de la sphère ORL et stomatologiques : dysgueusie à type de goût métallique, rhinorrhée, toux, gêne respiratoire ; - cutanés évoquant de l’urticaire ; - cardiaques : tachycardie, poussée hypertensive ; - digestifs : nausées, vomissements, diarrhée ; - systémiques : fièvre ; - locomoteurs : myalgies et arthralgies (douleurs musculaires et articulaires). Elles surviennent lors de diverses situations : - travail ou activités récréatives dans la mer (baigneurs, maîtres-nageurs, pêcheurs professionnels, surfeurs, etc.) ; - travail ou activités récréatives sur ou à proximité de la plage (estivants, secouristes, agents en charge du nettoyage des plages, restaurateurs, etc.) ; - séjour ou résidence à proximité immédiate du bord de mer ; - consommation de produits de la mer contaminés. En France, la présence d’Ostreopsis est identifiée de façon récurrente sur les côtes méditerranéennes depuis une quinzaine d’années alors qu’elle est beaucoup plus récente sur les côtes basques française et espagnole. Deux espèces ont été identifiées sur la côte basque : O. cf. siamensis et O. cf. ovata. Si la première, O. cf. siamensis, est observée sur cette côte depuis 2018, la seconde, O. cf. ovata, a été observée dans cette partie du golfe de Gascogne pour la première fois en 2021. Le bilan épidémiologique montre que près de 900 personnes ont développé des signes et des symptômes associés aux proliférations d’Ostreopsis sur la côte basque française depuis 2020. Ce bilan montre par ailleurs qu’il n’existe pas de différence clinique avec les effets observés lors des épisodes de prolifération d’Ostreopsis cf. ovata du pourtour méditerranéen. [Saisines liées n°2007-SA-0227 et 2007-SA-0303]